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mercredi 8 avril 2020

Hommage à Claude VACHEROT, Président de la Société de secours mutuel des bonnetiers en 1841


Hommage à Claude Vacherot,
Président  de la Société de secours mutuels pour les ouvriers bonnetiers

L’AUBE
Troyes, le 20 janvier 1841

Avant-hier mercredi 27 janvier, un cortège nombreux traversait la ville de Troyes, conduisant à sa dernière demeure un modeste ouvrier. Cet homme avait fondé une société de secours mutuels pour les ouvriers bonnetiers malades ou infirmes. Arrivés au cimetière, les sociétaires se sont groupés autour de la fosse, et trois discours ont été prononcés. Nous donnons à nos lecteurs le seul que nous ayons pu nous procurer.

Messieurs,
La mort vient de frapper la société des secours mutuels des bonnetiers de la ville de Troyes, en lui enlevant son président.
Affligé de cette perte, j’élèverai ma voix pour rappeler à nos souvenirs le mérite modeste et les titres de l’homme qui emporte nos regrets. Cette larme que nous nous empressons de donner à sa mémoire, est une dette de cœur envers un ami, envers un frère.
Né comme nous, dans cette humble classe d’hommes à qui le sort ‘a donné que leurs bras pour subvenir à leurs besoins. Vacherot n’eut qu’un désir, celui d’être honnête homme et habile ouvrier. Tous ses efforts se porteront vers ce noble but  il eut la douce satisfaction d’y atteindre. Sa vie fut sans reproche, comme il le souhaitait son habileté a fait de lui le modèle des artisans de sa profession.

La plus importante fabrique de Troyes, la maison Jeanson, où il travaillait, le considéra bientôt comme son premier ouvrier ; elle se l’attacha, parce qu’elle sut ce qu’il valait. Vacherot en fut reconnaissant ; il jura de n’en  jamais sortir. En effet, depuis vingt-cinq ans, Vacherot était l’âme de l’atelier. Parmi les phases pénibles que le commerce de bonneterie a parcourues, il est resté attaché à sa profession paramour. Les diminutions de salaire n’ont point abattu son courage ; il a soutenu le nôtre par sa résignation et son activité exemplaires.
 Au –dessus de sa position par le cœur Vacherot aimait ses camarades. Il sentit que tous les ouvriers bonnetiers n’avaient pas comme lui, l’habileté en partage ; il vit que la modicité des gains était peu en rapport avec les besoins d’une famille nombreuse quelquefois, et que l’affreuse misère menaçait plus d’un honnête ouvrier. Il conçut le noble projet d’une société de secours mutuel, en dressa les statuts dont il communiqua le plan à son patron, l’honorable M. Jeanson. M. Jeanson l’aida de ses sages conseils.
Encouragé par cette approbation, et toujours mû par le désir de soulager ses camarades Vacherot forma une demande et soumit son projet à l’autorité. Cette idée fût goutée. M. le ministre accorda, le 12 avril 1837, l’autorisation de constituer la société dont nous avons l’honneur de faire partie.
Le vœu philanthropique de Vacherot fut accompli. Nous devions alors un hommage à la sollicitude de Vacherot. Le titre de président lui fut confié : ce devait être sa récompense.
Vous savez, messieurs, comment il remplit ses fonctions. Vous avez pu, dans nos séances, remarquer son zèle et surtout ses scrupules pour l’esprit d’ordre et d’harmonie qui fait notre ressource.
C’est donc à Vacherot que nous sommes redevables des secours dont plusieurs d’entre nous ont déjà ressenti les effets.
C’est à toi, honnête et modeste Vacherot,  que nous en vouons toute notre reconnaissance. Aussi, nous te pleurons sincèrement comme tu nous as aimés, et avant de te quitter, nous te jurons que ton nom, sera éternellement dans nos cœurs !
Adieu !!!

Ce discours, prononcé par M. Drujon aîné, l’un des sociétaires, a ému les assistants jusqu’aux larmes, et la foule s’est retirée en silence.

Claude Vacherot, bonnetier, époux de Jeanne Pitois est décédé à l’âge de 46 ans, le 26 janvier 1841 à Troyes. Fils de Jean Vacherot, âgé de 80 ans, et de défunte Anne Thibaut

L'Annuaire de l'AUBE, publie un autre historique pour cette société de secours mutuel des bonnetiers de la ville de Troyes fondée en 1814 par Eugène JANSON.
En 1863, la direction de cette société semble être revenue entre les mains de la bourgeoisie locale

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lundi 15 avril 2019

Thomas-Pascal Boulage 1769-1820,avocat, juriste, polémiste,






BOULAGE Thomas-Pascal
Naissance: 25 mars 1769 à Orléans - Décès: 19 mai 1820 à Paris

Avocat, imprimeur, avoué, professeur de droit


Société(s)
Société académique de l'Aube : Membre résidant, secrétaire, président
Société d’émulation d’Auxerre : membre, président 1790-91

Biographie

Fils d’un marchand d’Orléans, décédé peu de temps après sa naissance, il fait ses études dans l’Yonne sous la protection d’un ecclésiastique parent de sa mère.
 Élève très brillant, il devient imprimeur puis travaille chez un procureur d’Auxerre et étudie le droit.  Il est en 1790 l’un des membres  fondateurs avec le mathématicien Joseph Fourier de la Société d’émulation d’Auxerre. Royaliste convaincu, il se porte otage volontaire pour la libération de Louis XVI et fait quelques mois de prison. Il épouse en 1795 une troyenne avec qui il a une famille nombreuse, dont plusieurs futurs hauts fonctionnaires, préfet, secrétaire de cabinet ministériel, et un prêtre de Troyes.  Il est élu en 1797 officier municipal d’Auxerre, contesté pour ses opinions royalistes, il est destitué au bout de quelques mois. 
De 1800 à 1810, il réside à Troyes, exerce la profession d’avocat et d’avoué. Il est un membre influent de la Société Académique de l’Aube. Il participe à la création d’une loge maçonnique « Les chevaliers de la Croix de Saint Jean de la Palestine » à l’orient de Troyes en 1807.   
En 1810, il est nommé professeur de droit civil à la Faculté de droit de Paris et entreprend la publication d’ouvrages théoriques, et est considéré pour son érudition et ses relations avec ses élèves.
L'un de ses fils a été le curé de la paroisse de Saint-Pantaléon à Troyes , il a prononcé et publié plusieurs discours à l'occasion de distributions des prix dans établissements scolaires pour jeunes filles.

Sources biographiques

Dictionnaire des avocats du Barreau de Paris en 1811, après le rétablissement des barreaux par Napoléon Ier, Préface de Jean Tulard, Riveneuve H. Robert, Ph. Bertholet, Fr. Ottaviano Editions, Paris, 2012, pp. 176-180.
Mémoires de la Société d'Agriculture, Sciences, Arts et Belles Lettres du département de l'Aube, T.11, n°81, vol.21, 1842, p.p. 50-61.M. Gérard- Gérard-Fleury, Notice sur M. Boulage, Archives départementales Aube, Yonne, Rhône
Archives de la Société académique de l’Aube déposées à la BNF, accessibles via Gallica
Bulletins de la Société des Sciences Historiques et Naturelles de l’Yonne, via Gallica 
Bibliographie
« La mort de Blampoix- Tragédie » an IX Troyes
« Faits et gestes de P.B. Blampoix » Troyes an IX
Conclusion sur les lois des Douze Tables, Sainton, 1804 ;
Des mystères d'Isis et d'Osiris, 1807
Thèse de droit français soutenue par T.P. Boulage sur la communauté légale Paris 1810
Les otages de Louis XVI et de sa famille, Pillet, 1814 ;
Principes de jurisprudence française, pour servir à l'intelligence du Code civil, Delestre-Boulage, 1819 ;
Introduction à l'histoire du droit français et à l'étude du droit naturel, Delestre-Boulage, 1821.
Des mystères d'Isis et d'Osiris, 1807 ;
Introduction à l'histoire du droit français et à l'étude du droit naturel, Delestre-Boulage, 1821.
La Rose de la vallée, ou la Maçonnerie rendu à son but primitif, Paris, 1808.
Attribué à T-P Boulage  par Barbier dans le Dictionnaire des avocats du Barreau de Paris 1811