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mardi 19 décembre 2023

L'impardon, cité par Jean-Baptiste de Radonvilliers dans son Dictionnaire d'enrichissement de la langue française publié en 1842

 L'impardon de Jean-Baptiste de Radonvilliers redécouvert récemment..


1 À A.

2 Impardon, substantif masculin calqué sur son contraire, le terme est forgé par un certain Jean-Baptiste Richard, dit de Radonvilliers, dans son dictionnaire pour l’Enrichissement de la langue française, où il se définit comme l’« absence de pardon », la « persistance dans la vengeance » et s’accompagne de cette note : « Le pardon est un acte de grandeur de l’âme et du cœur, il montre leur générosité et leur noblesse, il honore l’homme, le respectabilise et le vénérabilise. L’impardon n’est jamais qu’un acte de dureté, d’irascibilité, d’inhumanité et souvent de férocité, il dégrade le cœur et commictilise l’homme [1][1]Jean-Baptiste Richard de Radonvilliers, Enrichissement de la…. » Dans l’édition « considérablement augmentée » de cette œuvre qui paraît trois ans plus tard, l’entrée qui lui est consacrée offre de nouvelles précisions. S’il désigne toujours la privation de pardon, impardon y dit aussi son résultat, l’« état impardonné », après quoi l’auteur affirme : « Sans doute un trop facile pardon a ses inconvénients ; mais je préfère encore ce pardon à l’impardon, parce que l’impardon envenime les haines et implacabilise les vengeances [2][2]Jean-Baptiste Richard de Radonvilliers, Enrichissement de la…. » Apparu dans un ouvrage de néologismes destinés à « remédier à ce que l’on appelle pauvreté de la langue française [3][3]Jean-Baptiste Richard de Radonvilliers, op. cit. (1842),… », impardon n’est pourtant pas passé dans l’usage et a immédiatement disparu. Sans postérité, il reste aujourd’hui encore cet hapax sans équivalent courant, car, quoique sa souplesse lui permette largement la création de nouveaux vocables, l’allemand n’a jamais formé Unvergebung ou Unverzeihung, et si unforgiveness ou unforgivingness sembleraient presque faire florès dans plusieurs livres de psychologie ou de théologie édités ces dernières années aux États-Unis [4][4]Voir Hagin Kenneth, Unforgiveness, Broken Arrow, Faith Library…, désormais attestées par l’English Dictionary de Collins, qui en fait des synonymes [5][5]Voir url :… pour indiquer « the state of being unforgiving [6][6]Url :… », ces récentes inventions ne le sont malgré tout que par lui. Est-ce à dire que la chose à laquelle le mot impardon renvoie n’existe pas, sinon que l’idée qui grâce à lui se conçoit ne tient pas ? C’est tout le contraire et tout le paradoxe. Vu le mal que nous faisons aux autres et le mal que nous avons à nous le pardonner les uns les autres, l’impardon est une réalité… sans nom.

3 Que le mot ne soit donc pas employé lors même que la chose ne manque pas d’arriver ne peut signifier qu’une chose, à savoir que nous ne pensons pas cette chose, puisque nous ne pensons pas sans mot. Or, dans notre temps qui donne à penser, rien sans doute ne donne plus à penser que le fait même que nous n’y pensions pas. Plutôt que l’impardon, c’est en effet le pardon qui retient de prime abord et le plus souvent l’attention, cette chose dont la quotidienneté – se passe-t-il un jour sans que nous ne disions ‘pardon !’, c’est-à-dire sans que nous ne demandions pardon, même sous la forme simplifiée d’une formule de politesse expédiée ? – n’empêche en rien la difficulté – combien de jours se passe-t-il pour que, ce pardon, nous l’accordions, autrement dit nous l’annoncions, même en des mots qui ne sont pas « ego te absolvo a peccatis tuis, in nomine Patris, et Filii et Spiritus Sancti » ? Plutôt que l’impardon, c’est encore et toujours le pardon qui porte à la méditation, cette chose à laquelle nous préférons volontiers son idée, si belle à la réflexion – le pardon n’est-il pas un « baiser de paix [7][7]Bernard de Clairvaux, Sermones super Cantica canticorum, IV, 2… » pour la victime qui le donne ? – qu’elle la rend aussitôt si rebelle à la réalisation – comment le pardon ne serait-il pas un baiser de la mort [8][8]Le baiser de la mort, il bacio della morte, est le baiser donné… pour le bourreau qui le reçoit ? – qu’il devient bientôt aisé d’y renoncer. Aussi sont-ce souvent ceux qui parlent le plus du pardon qui l’exercent le moins, quand ceux qui le théorisent le moins le pratiquent le plus. Songeons à Jankélévitch, que l’idée a hanté et la chose paralysé, lui qui, après-guerre, en voudra toujours à l’Allemagne et ne voudra plus jamais avoir affaire à elle ; et songeons à Jésus, que la chose a occupé sans que l’idée ne l’ait préoccupé, lui qui ne jette pas la pierre à la femme adultère et remet ses péchés au paralytique qu’il remet sur pied. « Pur » ou « impur » [9][9]Vladimir Jankélévitch, Le Pardon, Paris, Aubier-Montaigne,…, c’est le pardon qui nous travaille, qui nous tiraille. Est-ce à dire que la chose à laquelle le mot impardon renvoie reste méconnue et l’idée qui grâce à lui se conçoit biscornue ? C’est tout le contraire et tout le paradoxe. Que nous ne pensions pas l’impardon ne veut pas dire que nous ne le pensons pas encore, mais que nous n’y pensons déjà plus.

4 Que désormais la chose soit pour ainsi dire rebattue lors même que son idée n’a donc pas été débattue s’explique très bien néanmoins : exigence d’une société qui, sous la « notion d’Imprescriptible [10][10]Ibid., p. 67. », a voulu l’organiser juridiquement, l’impardon est devenu une évidence. Et pour cause : n’avons-nous pas été mis face à l’impardonnable ? Et n’avons-nous pas dû faire face à l’impossible ? Face à l’impardonnable parce que le siècle révolu a vu le génocide des Arméniens par les Turcs, deux guerres mondiales, l’univers concentrationnaire nazi, le Goulag, les guerres post-coloniales d’Indochine ou d’Algérie, les guerres civiles et les exterminations massives au Biafra, au Cambodge ou au Rwanda, les dictatures répressives d’Amérique latine, la purification ethnique en ex-Yougoslavie, et bien d’autres crimes abomi­nables – des crimes impardonnables dès lors qui, « visibles, connus », ne pouvaient plus être tus, en sorte qu’ils sont aujourd’hui encore « rappelés, nommés, archivés par une “conscience universelle” mieux informée que jamais [11][11]Jacques Derrida, Foi et savoir. Suivi de Le Siècle et le…. » Face à l’impossible parce que « ces crimes à la fois cruels et massifs » qui, « dans leur excès même », défient sinon défont « toute justice humaine », favorisent la prise de conscience de la puissance du pardon aussi bien que de notre impuissance devant lui, étant donné, on le sait, que d’un côté « le pardon pardonne seulement l’impardonnable » – puisqu’à quoi bon le pardon devant le pardonnable ? –, et que, de l’autre, l’impardonnable est essentiellement ce qui ne peut être pardonné – sans quoi, allons bon !, il irait contre sa définition – ; d’où suit que, n’étant « possible qu’à faire l’impossible » [12][12]Ibid., p. 108., le pardon s’avère ce à quoi nul n’est tenu. Est-ce à dire que l’idée qui grâce au mot impardon se conçoit est survenue trop tôt, cependant que la chose à laquelle il renvoie l’a été trop tard pour sa part ? C’est tout le contraire et tout le paradoxe. La chose devance le mot forgé pour s’en faire une idée. L’absence de pardon est donc première et elle l’est d’ailleurs tant que ce n’est pas parce qu’il y a de l’impardonnable qu’il y a de l’impardon, mais parce qu’il y a de l’impardon qu’il y a de l’impardonnable.

5 En traitant ici de l’impardon, nous procéderons donc à rebours de Jean-Baptiste Richard. Lui a eu l’idée du mot en partant de la chose [13][13]Dans l’avant-propos de sa première édition, Jean-Baptiste…, nous approfondirons l’idée de la chose en partant de ce mot. Pour ce faire, résumons en une phrase nos trois premières affirmations et mesurons la dernière. L’impardon est donc cette réalité sans nom, à laquelle nous ne pensons pas parce que plus et en vertu de laquelle une action est dite impardonnable. Aussi, loin que l’impardonnable soit la cause de l’impardon qui serait son effet, c’est l’inverse qui est vrai. Diderot confirmera, pour qui si « une action est impardonnable, c’est-à-dire qu’il n’y a point de pardon pour elle », il semble bien que « les hommes pétris d’imperfections, sujets à mille faiblesses, remplis de défauts, soient plus sévères dans leurs jugements que Dieu même », puisqu’« il n’y a point d’action impardonnable aux yeux de Dieu », alors qu’« il y en a que les hommes ne pardonnent jamais » [14][14]Denis Diderot, Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des…. Ainsi, l’impardonnable ne sanctionne pas les bornes du pardon – le pardon n’en a aucune –, mais nos limites à le donner – nous n’en avons que trop. Certes, quand nous atteignons les nôtres, l’impardonnable étend les siennes. Mais rien n’interdit que nous reculions celles-là et, ce faisant, que nous repoussions celles-ci. Que nous ne pardonnions pas tous, ni tout, ni à tous, ni toujours, ni tout de suite, ni toujours pour toujours et ce bien que tout nous y invite, ne saurait vouloir dire que nous ne le ferons jamais, et ce parce que tout nous y invite – on pardonne pour ne plus être la victime, ne pas devenir le bourreau, ne plus se rendre impardonnable, ne pas manquer d’être pardonné, bref, on pardonne par intérêt comme on pardonne par devoir, quand on pardonne parce qu’on pardonne, encore que pardonner à dessein ne soit pas pardonner, si bien que l’on croit pardonner quand on ne le fait pas. S’ensuit que l’impardon n’est pas universel, total, absolu, nécessaire, spontané, définitif et, par là même, que l’impardonnable est singulier, partiel, relatif, contingent, réfléchi, provisoire. En ce sens, l’impardonnable pourrait bien n’être rien en soi, à tout le moins rien d’autre que l’impardon[15][15]Alors que Jankélévitch et Derrida, qui ont axé leurs….

6 Comme l’impardonnable en effet, l’impardonné résulte de l’impardon, c’est-à-dire de cette absence de pardon qu’il est non pas parce que le pardon manque, mais parce qu’on manque le pardon, manquant de le donner ou de le recevoir. Certes, il y a ceux qui pardonnent facilement [16][16]Ainsi Montesquieu : « Je pardonne aisément par la raison que je…… et il y a tous les autres, pour lesquels « il ne sera [jamais] question que de pardon difficile [17][17]Paul Ricœur, La Mémoire, l’histoire, l’oubli, Paris, Seuil,… ». Mais quand bien même « le monde est plein de gens qui ne pardonnent rien [18][18]Antoine Furetière, Dictionnaire universel contenant… », leur impardon dépendra encore des gens, « car tout ce que nous sommes / Lynx envers nos pareils, et taupes envers nous / Nous nous pardonnons tout, et rien aux autres hommes [19][19]Jean de La Fontaine, Fables (1668), dans Œuvres complètes,… ». En somme, pas d’impardon sans pardon. L’impardon n’est donc pas du pardon le défaut, mais sa privation. C’est pourquoi il se donne toujours à nous comme cette exception qui confirme la règle, celle selon laquelle c’est le pardon qui prévaut – et non pas parce qu’on le dit chrétiennement, mais parce qu’il le faut ontologiquement, étant bien clair que c’est parce qu’il le faut qu’on le dit et qu’on dit qu’il le faut. Se demandera-t-on alors à quel titre l’impardon est possible ? Non. Dans la mesure où l’impardon est (possible) quand le pardon n’est pas (possible), cherchons plutôt à savoir quand le pardon n’est pas possible. La question de l’impardon, dans ces conditions, devient celle des conditions du pardon. Toutefois, le soupçon interviendra aussitôt, dans la mesure où « le pardon ne connaît pas d’impossibilité [20][20]Vladimir Jankélévitch, Le Pardon, op. cit., p. 204. », dans la mesure où « un pardon digne de ce nom […] doit pardonner […] sans condition [21][21]Jacques Derrida, Foi et savoir. Suivi de Le Siècle et le… ». Certes, « pour rester tel », le pardon doit « s’affranchir de ses propres conditions de possibilité » [22][22]Jean-Luc Marion, Certitudes négatives, Paris, Grasset,…. Mais inconditionnel en théorie – c’est là qu’il prend son sens –, le pardon n’en est pas moins conditionnel en pratique – sans quoi il perd son sens. C’est que, même si en son sens le plus haut le pardon ne doit plus en avoir, il doit bien en avoir un pour qu’il fasse sens de le donner. De ce point de vue, l’essentiel n’est pas de savoir si l’impardonnable peut être pardonné [23][23]En droit, non, par définition – celle de l’impardonnable – ; en… – oui et non et réciproquement – mais s’il le doit – sans doute pas et en aucun cas [24][24]Il ne le doit ni du point de vue du pardon, ni du nôtre. Une…. Par où revient la possibilité, pour l’impardonnable, de n’être que l’impardonné.

7 Explicitons. L’impardonnable pourrait d’abord être l’impardonné quand nous ne voulons pas pardonner, parce que nous en voulons à qui nous a causé du tort, voire nous en cause encore, que nous lui en voulions ou de nous avoir fait du tort, ou d’avoir voulu le faire, ou de ne pas confesser ses torts, ou de ne pas vouloir le faire, c’est selon – ou cela tout à la fois. Telle est la force du ressentiment qui peut aller croissant selon les cas, les quatre évoqués pouvant donc s’ajouter les uns aux autres, quoiqu’ils soient à distinguer deux à deux. D’un côté en effet, le mal commis et l’irrepentance, qui suscitent chez la victime de la rancœur, cette « haine cachée et invétérée qu’on garde dans le cœur [25][25]Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, Paris,… » en raison de ce qu’on a gros sur lui : la désillusion éprouvée – autrui nous a offensé sans que nous ne l’ayons fait –, voire l’injustice redoublée – autrui nous offensera de ne pas reconnaître qu’il l’a fait – ; de l’autre, le mal choisi et l’impénitence, qui entraînent chez la victime de la rancune, cette « haine cachée et invétérée, qu’on garde dans le cœur jusqu’à ce qu’on trouve occasion de se venger [26][26]Antoine Furetière, Dictionnaire universel, op. cit., t. 3, art.… » de celui qui en est l’objet – il l’aura bien mérité puisqu’il l’a bien cherché – et qui fait tout pour le rester – il faudra bien qu’il nous “trouve” puisqu’il nous “cherche” encore. Ainsi, par rancœur ou rancune [27][27]Que les mots puissent être employés l’un pour l’autre…, la victime peut ne pas pardonner parce qu’elle ne veut pas le pardon, ne voulant souvent même pas en entendre parler quand on lui en parle, puisqu’elle reporte sur lui ou sur autrui son impossibilité. De son point de vue, que le pardon ne puisse être accordé n’est pas de son fait, mais dû au fait que ses conditions ne sont pas réunies, la première d’entre elles n’étant pas remplie par celui-là même à qui il faudrait l’accorder. Sous cet angle, ne peut être pardonné que qui veut l’être, et donc demande non à l’être, mais demande le pardon lui-même. L’impardon résulte ici du refus du pardon, qui résulte lui-même de l’application, plus méchante que bête, de ce principe de justice présidant aux échanges selon lequel on n’a rien sans rien. Bref, de même que pas de bras, pas de chocolat, de même pas de supplication, pas d’absolution..

dimanche 3 octobre 2021

Jean-Baptiste Richard, chef de bataillon e la Garde nationale à Radonvilliers en 1833


 

Vu dans le "Patriote de la Côte d'Or" du 2 avril 1833 une évocation de la souscription en faveur de M. LAFFITTE, ouverte chez le colonel de la Garde Nationale à Troyes, PERROT le pharmacien de Troyes et au bureau du journal "Le Progressif".

Jean-Baptiste RICHARD, ancien maire de Radonvilliers, actionnaire de ce journal, chef de bataillon de Radonvilliers donne 10 fr en son nom, et 10 fr, pour QUELQU'UN qui ne veut rien donner ! 



Le journal "La caricature" évoque cette souscription en évoquant les relations entre M. Laffitte et et Louis-Philippe, "roi des Français"..


dimanche 19 septembre 2021

Jean-Baptiste Richard de Radonvilliers dans la presse de l'Aube



 L'Est-Eclair et Libération-Champagne ont publié le dimanche 19 octobre 2021, une courte et claire synthèse sous la plume de Jacky Lecerf,  d'une étude sur cet ancien maire de Radonvilliers.

L'étude intégrale peut être consultée dans les "Mémoires de la Société Académique de l'Aube - édition 2020" en vente dans les librairies de l'Aube et consultable dans les principales Médiathèques du départemment, notamment à la Médiathèque du Grand Troyes.

vendredi 5 mars 2021

Radonvilliers dans les Mémoires de la Société Académique de l'Aube, tome CXLIV

 Quelques extraits d'une publication récente

 



 

JEAN-BAPTISTE RICHARD  dit DE RADONVILLIERS

1788-1854

 

 

 

Au chapitre des personnages injustement oubliés, il est certain que Jean-Baptiste Richard, né à Dienville, tient une place de choix.

Né en 1788, il est proprement un enfant de la Révolution laquelle, outre des événements historique que l’on connaît est aussi porteuse d’une tournure d’esprit. Nous voici face à un lexicographe en avance sur son temps, mais reconnu par les dictionnaires de langue actuels ; et à un agitateur d’idées nouvelles. Ces deux domaines se rejoignent parfois. Un personnage à découvrir.

 

 

 

Le dictionnaire «  Petit Robert » 1970, le cite parmi les auteurs  d’« ouvrages importants pour l’histoire de la langue » avec le « Dictionnaire des mots nouveaux de R. de Radonvilliers » en 1845.

Puis, le «  Dictionnaire historique de la langue française » publié sous la direction d’Alain Rey en1992, le liste parmi les principaux textes de référence pour les datations dans l’annexe « Correspondances chronologiques » page 2358 : « 1842 Enrichissement de la langue française. Dictionnaire de mots nouveaux (Jean Baptiste) Richard de Radonvilliers ».

 

 

 

La famille Richard est  originaire de Dienville, où Jean-Baptiste est né en 1788, fils d’un huissier, notaire, marchand de  bois, futur administrateur du département de l’Aube en 1790.

La famille Bechuat, Jean-Baptiste a épousé en 1811 une fille de l’avocat Louis-Théodore Bechuat, administrateur du département de l’Aube en 1790, maire de Radonvilliers.

L’importance de la production du bois, dans les forêts de l’Aube et de son flottage assuré à partir du port et par des mariniers de Brienne-la-Vieille, se retrouve dans les activités de ces familles, chargées d’organiser l’expédition du produit des forêts voisines, pièces de marines et de charpentes, vers Paris.

 

Un auteur de dictionnaires

 

Jean-Baptiste Richard publie deux  dictionnaires de mots nouveaux, en 1842 puis en 1845.

Le journal « Le Courrier français » salue le 7 avril 1842 la publication du premier ouvrage.

Ce dictionnaire est remarqué dans la presse nationale, notamment par « Le Siècle »   le 11 juillet 1843 et encore le 4 avril 1844.

 

 « Le Siècle » commente le second dictionnaire le 19 décembre 1845.

« Ce dictionnaire recense les plus effrayants barbarismes que la langue française puisse créer. Par exemple, les mots : abymiser, pour ouvrir des abîmes ; anglaiser, pour imiter la forme anglaise ; dédeuiller, pour sortir de deuil ; délicier, pour rendre délicieuse ; … vigiliser, pour devenir vigilant,  éveillent la susceptibilité des oreilles les moins délicates. Si  nous les entendions prononcer, nous nous croirions pour le moins en Belgique, où la langue française se permet de singulières excentricités…

 

On peut apprécier de nos jours ses tentatives de féminisation du lexique.

 

Quelques exemples de mots et notions :

Amatrice : nf d’amateur ; celle qui a  un goût particulier pour une chose. L’usage n’a pas jusqu’alors admis ce féminin, ni celui d’autrice. Cette inadmission vient plutôt d’une vieille habitude que jusqu’alors on n’a pas osé combattre, quoique paralysant le principe de la raison ; car, on dit bien actrice, et assurément aujourd’hui on ne dirait pas une femme acteur.

Sororialement, adv d’une manière soriale ; agir sororialement

Sororiser : v.act : lier, se lier ; unir comme deux sœurs, par une affection, un attachement de sœur ; former, établir un lien, une intimité de sororité…

Et quelques curiosités comme : Franc-maçonner, v. neut ; faire de la franc-maçonnerie, se livrer à la franc-maçonnerie : vous franc-maçonnez !

Et puis, des formes d’anticipations, même si le sens n’est pas le nôtre, comme :

Numériser, v. act ; rendre numérique, plus nombreux…

Nutricité, s. f. état, qualité de ce qui est nutritif

 

Un lexicologue commenté, contesté puis reconnu

 

Francis Wey, diplômé de l’Ecole des Chartes, en 1846, critique violemment le second dictionnaire, dans le journal « La Presse » du 26 octobre.

«  Alors survient un recueil de 50 à 60 000 mots fabriqués par le dit sieur Richard de Radonvilliers, et qu’il engage le public à apprendre par cœur. Qu’ils ont bon air ! Supériorable, superfluisme, sucrable, vinaigrement, virginaliser, abalourdissable, atrabilariation, astronomiser, paradisme (système de paradisation)… zérotisation, zizagable, ostrogother, oseiller, paratonnerrable,etc…

Tout le livre va de même : il ne contient pas un mot de français. C’est là que devait conduire cet abus de la liberté lexicologique, au ridicule et à la démence… »

Arsène Darmesteter (1846-1888) propose en 1887 une analyse plus nuancée du travail de Richard de Radonvilliers dans sa thèse de doctorat: « De la création actuelle de mots nouveaux dans la langue française et des lois qui les régissent ».

« Dans les vingt mille mots que M. Richard, de Radonvilliers, présente au lecteur, et avec lesquels il l’engage à se familiariser, en dépit de l’inhabitude, près de deux mille cinq cents sont des privatifs nouveaux composés avec  dé ; avec re … La méthode est d’une simplicité parfaite, comme toutes les méthodes vraiment fécondes. Quelques-unes de ces créations sont d’une élégante originalité : «  la guerre fléause les peuples » ; héréditariation, s’amourdiser, mauvaisujettiser, immalpropreté, mot indiquant la qualité de ce qui n’est pas malpropre, de ce qui est propre «  car deux négations se détruisent et valent une affirmation ; maingratisable, c’est-à-dire ce qui est susceptible de prendre le penchant, le caractère de l’abbé Maingrat, de se livrer comme lui, au viol, à l’assassinat de ses pénitentes ! »

La démarche de J-B Richard s’inscrivait dans celle tendant à faire du dictionnaire un instrument d’éducation populaire à partir de la fin du XVIIIe siècle, comme celle de Louis-Sébastien Mercier dans sa « Néologie ou vocabulaire de mots nouveaux » en 1801 (An IX - Paris).

 

 

 

 

Plus récemment, de nombreux auteurs ont utilisé les dictionnaires de Richard pour dater l’introduction de nouveaux mots (capitalisme, internationalisme, thermalisme, décoloniser…) dans des champs divers.

 

Gilles-Antoine Langlois dans sa thèse de doctorat (septembre 1999 à l’Institut d’Urbanisme de Paris), « Des villes pour la Louisiane française » évoque l’apport de J-B Richard.

« Le vocable « urbanisme » proposé  par Richard (dit « de Radonvilliers ») dès 1842, venant englober dans son acception actuelle l’ensemble des disciplines nécessaires à la saisie du fait urbain. Dans la seconde édition de son Enrichissement de la Langue française en 1845, qui n’est pas un dictionnaire des usages reconnus, mais un ensemble de propositions pour un nouveau lexique, Richard précise son projet, qui consiste bien à compléter la langue par des expressions nouvelles prises à partir des mots existants. Ainsi donne-,t-il les définitions suivantes :

« Urbaniser : donner, prendre de l’urbanité, l’élégance de la ville, de la politesses, un bel usage du monde.  S’attacher à la ville.  … il urbanise ses manières, cette personne s’urbanise »

« Urbanisme : grande, supérieure, urbanité qui se montre continuellement et en tout (système d’urbanité ; ce qui est, ce qui montre une continuelle urbanité : c’est de l’urbanisme) »

 

 

Auteur de brochures de réflexion et propositions politiques 1844-1848

 « Du véritable gouvernement constitutionnel et du droit des peuples », Paris, 1844

Le journal « Le Siècle » commente ainsi cette brochure le 4 avril

« Ce petit ouvrage est un résumé habilement fait des principes de tout gouvernement représentatif et des droits qui appartiennent à chaque corps et à chaque classe de l’état. L’auteur y démontre tous les dangers de l’influence politique du clergé et les inconvénients de sa trop grande prépondérance. Ces divers points de vue ne peuvent manquer de populariser le travail consciencieux de M. Richard. »

 

« Lettre aux contribuables non électeurs », Paris, 1846

Le  journal « La Quotidienne » la commente le 27 juin

« Notons d’abord que M. Richard est dynastique. Il pense que le dynastique est une condition d’ordre dans la révolution. C’est précisément par-là qu’il donne de  puissantes armes contre la politique dynastique ; nous allons citer quelques-unes de ses paroles.

«  Les élections doivent renouveler la chambre des députés, ne décideront-elles  pas pour la France : à l’extérieur une halte dans l’humiliation et la honte,  à l’intérieur une halte dans l’intrigue, le gaspillage et la corruption ?... La France va reprendre son rang en Europe, une grande vie nationale par nos votes ; ou par eux elle va continuer à rester à la merci anglaise, à ramper sous le mensonge, l’astuce, la fourberie et achever de perdre sa place dans la balance européenne. »

 «  Nous voulons tous de la dynastie actuelle, du mode de gouvernement existant : car, en fait d’organisation et de constitution de corps social, il faut un point principal et fixe auquel on se rattache : et changer ou varier ce point c’est prendre le risque de ne savoir à quoi se rattacher. »

qui bornent la réforme au renversement de M. Guizot, et la révolution même à l’avènement de M. Thiers ».

 

«  Les causes d’une révolution. Le gouvernement représentatif et mode électoral » Paris 1848

 

Publiée quelques semaines avant la révolution de février 1848, la brochure reprend les pensées philosophiques, morales et politiques disséminées au sein des articles de son premier dictionnaire. L’ambition de Richard était de participer aux débats de philosophie politique pendant la Restauration et la Monarchie de Juillet. Il réaffirme son admiration des principes premiers de la révolution de 1789 qui ont été dévoyés par les gouvernements successifs. Acteur de la Révolution de 1830, révolution faite par le peuple et pour lui, il déplore les gouvernements successifs qui ont renié son origine et faussé son principe constitutif. Ces gouvernements ont rompu les accords avec la société et rendu nécessaire une révolution pour améliorer les institutions sociales et politiques. Ces gouvernements ont transformé la révolution du peuple en une révolution de parti. En ne prenant pas en considération les commencements d’irritation nationale comme des avertissements, ils n’ont pas compris ou méprisés le peuple. Ils deviennent dès lors incapables de gouverner.

Il critique la proposition de réforme électorale de M. Duvergier de Hauranne, député du Cher, d’un abaissement du cens à cent francs avec adjonction de capacités prises dans un ordre élevé, qui ne remédie en rien aux vices de la loi électorale en vigueur. Il propose le suffrage universel sans condition (pour les hommes) à deux niveaux, les électeurs désignant les grands électeurs qui éliront les députés…

 

JB Richard, acteur politique dans l’Aube 1830-1840

 

Les deux principaux journaux départementaux au début des années 1830 sont Le Journal de l’Aube et Le Progressif de l’Aube.

Leurs orientations politiques apparaissent dans la relation qu’ils font de la visite à Troyes de Louis-Philippe,  roi des Français, en juillet 1831.

Rapport du Préfet de l’Aube sur la presse régionale

Le 13 juillet 1833, le préfet s’adresse au Ministre de l’intérieur et des cultes pour décrire le positionnement politique de la presse dans l’Aube et l’entourage du journal d’opposition « Le Progressif » dont J-B Richard est l’un des actionnaires.

 

Deux journaux politiques seulement sont publiés dans le département de l’Aube, tous deux à Troyes.

Le premier et le plus répandu est le Journal de l’Aube qui compte 14 ans d’existence ; les rédacteurs sont M. Jules Béliard pour la partie politique et Jules Jaillant pour la partie littéraire, ils n’ont d’autre but que leur intérêt particulier… Depuis le mois d’avril les abonnés de cette feuille ont diminué, elle avait alors 577, aujourd’hui elle en a 490. Il parait qu’il en est ainsi chaque année et que les abonnements se renouvellent à l’automne.

 

Le Progressif de l’Aube, journal qui date de 1830, est la seconde feuille politique du département, il est tiré à 200 exemplaires mais il n’a que 170 abonnés dont 100 habitent à Troyes, il faut ajouter le nombre de 80 abonnements pris par la Société parisienne pour la liberté de la presse. Malgré ce secours, ce journal ne peut couvrir ses frais et est soutenu par douze personnes qui ont récemment fait un sacrifice de 500 Fr chacun à cet effet.

M. Apollin Michaux est totalement déplacé au milieu de ces prétendus républicains, il est loin de partager leurs opinions et leurs conduites ; il se borne à être le caissier du journal dont il est créancier pour de fortes sommes.

MM. Fontaine, Thiérion fils, Richard   et Baudin-Anheim cherchent à éliminer leurs collègues, ils voudraient s’attirer à eux seuls, la propriété du journal ; ils trouvent que sa couleur n’est pas assez tranchée, tandis que les autres auraient désiré faire une opposition sage et honorable.

J’espère que la scission sera complète et que les absurdités débitées effrontément par MM. Fontaine et Cie feront rentrer dans la véritable ligne leurs anciens alliés honteux d’avoir été si longtemps abusés.

Quoiqu’il en soit lors même qu’ils se tiendraient tous en phalange serrée, ils crieraient dans le désert comme ils l’ont fait jusqu’à ce jour et ne trouveront aucune sympathies dans les masses laborieuses de la population de ce département.

Leur influence est nulle, leur moralité mauvaise, au moins incertaine, et de tels hommes ne peuvent que nuire à la cause qu’ils soutiennent. Les gens instruits haussent les épaules et le peuple ne les comprend pas.

 

Déclaration de principes du journal  « Le Progressif de l’Aube »

Acte passé devant Me Bernot à Troyes 16 avril 1832  pour la modification de la société Saint-Amant et compagnie publiant le journal « Le Progressif de l’Aube ».

Les membres sont :

Jean Soleil Amant, dit Saint-Amant, homme de lettres, gérant

Associés en commandite : Frédéric Olivier, professeur de mathématiques ; Melchior Grosdemange, pharmacien ; Admé Rémy fils, négociant ; Julien Delière-Guy, négociant ; Achille Guy, négociant ;… Apollin Michaux, banquier, M. Richard, propriétaire à Radonvilliers ; Philippe Guillaumot, propriétaire à Piney ; Jacques Charles Piolley, huissier à Troyes .

L’esprit du journal ne devra jamais s’écarter des principes suivants et de leurs conséquences dont il est destiné à réclamer l’application immédiate et sans réserve :

La souveraineté populaire, l’égalité des citoyens devant la loi ;

La liberté individuelle, celle de la presse et des cultesLa liberté d’enseignement, ou au moins la modification la plus libérale du système de l’instruction publique ;

La responsabilité réelle et entière des ministres et de tous autres agents du pouvoir et membres des autorités administratives et judiciaires ;

Le droit d’élection directe, exclusivement en faveur de tous les citoyens et sans exception

L’application du jury à la mise en accusation en matière criminelle, et à tous les délits qui sont actuellement du ressort des tribunaux correctionnels ;

L’abolition des titres, privilèges, cumuls et sinécures ;

L’abolition du cens d’éligibilité pour la formation de la représentation nationale

L’incompatibilité de toutes fonctions et de tous emplois publics avec la qualité de député ou de représentant de la nation.

Quelques actions politiques de Jean-Baptiste Richard dans l’Aube

Il prend la succession de son beau-père Louis-Théodore Bechuat, à la tête de la municipalité de Radonvilliers en 1814 et il prête serment, avec l’ensemble des conseillers, de fidélité et loyauté à Louis XVIII.

 

Les lettres adressées par les dirigeants de l’association « Aide-toi le ciel t’aidera » en mars et juin 1832, à leurs correspondants  de l’Aube, notamment Chambette, Millard et Perrot-Prailly,  conservées dans le fonds Millard à la médiathèque de Troyes éclairent le positionnement de Jean-Baptiste Richard.

«  Ainsi l’association propose de recenser les patriotes les plus influents, ceux qui ont obtenu les suffrages de leurs concitoyens, qui occupent un grade élevé dans la Garde nationale et dont le patriotisme et le dévouement à la cause de la liberté ne peuvent être mis en doute. Ils suggèrent de publier des brochures utiles au pays pour éclairer l’opinion publique sur ses véritables intérêts, et travailler à la propagation de nos principes et au développement de la liberté. »

 

La presse nationale relate quelques faits concernant JB Richard

 « Le Courrier » publie le 1er novembre 1832 :

« M. Richard, chef de bataillon des gardes nationales du canton de Radonvilliers, vient d’être suspendu pour deux mois par une décision du conseil de préfecture de l’Aube du 24 courant. Voici dit le Progressif de l’Aube, les motifs qui ont donné lieu à cette condamnation :

M. Richard avait reçu l’ordre de s’arranger de manière à ce que, si le conseil de discipline se réunissait le dimanche, les séances fussent terminées pour le moment de l’office, ou ne commençassent qu’immédiatement après. Il a refusé d’exécuter cet ordre, pensant qu’il rappelait trop les habitudes de la Restauration, et le juste-milieu, qui nous ramène à grand pas vers cette époque, s’en est vengé en le faisant suspendre. »

 

Le 19 novembre 1832 :

« Le 15, les souscripteurs de l’Association pour la liberté de la presse dans l’Aube, se sont réunis au bureau du Progressif de l’Aube, à l’effet de constituer un comité pour la direction des opérations relatives à l’association.

Ont été élus, à une grande majorité : M. Argence, capitaine en retraite, chevalier de la Légion d’Honneur ; secrétaire : M. Cénégal, avocat ; membres consultants : MM. Thiérion fils,  notaire ; Chambette , propriétaire ; M. Fontaine , avoué Delière, négociant ; A Girault , homme de lettres , à Troyes ; Jeanson , notaire à Villenauxe ; Maucourant , négociant à Arcis ; Maillard , notaire à Aix-en-Othe ; Richard , propriétaire à Radonvilliers . Le comité va se mettre immédiatement en rapport avec les citoyens qui désireront souscrire : les souscriptions seront reçues chez chacun des membres du comité et au bureau du Progressif de l’Aube»

 

Le Progressif  de l’Aube, le samedi 3 août 1833

Discours prononcé par M. Richard, de Radonvilliers, à un banquet patriotique, le 28 juillet

.

« Messieurs,

Envahis par les nations étrangères qui, confiantes dans les promesses de leurs souverains, crurent en s’amoncelant contre nous combattre pour leur liberté, tandis qu’elles rivaient plus étroitement leurs fers. Sous le joug d’une restauration qui ne devait que mettre à exécution les décrets des hauts potentats de l’Europe ligués contre les peuples, nous cessions d’être des citoyens, nous devenions la propriété des rois, en un mot nous étions patrimonisés, humiliés, tyrannisés, nous souffrions les coups d’une fatalité préparée par la trahison, débordée par les plus honteux excès de la conquête, et, comme tourmentés de nostalgie nous cherchions la patrie dans la patrie ; mais nous ne trouvions que l’arbitraire et le despotisme…

 

En  1843, JB Richard réside avec sa femme à Paris, 12, rue de la Croix-des-Petits-Champs et signe une procuration permettant à celle-ci de vendre plusieurs terres dont elle vient d’hériter avec sa sœur après le décès de leur mère.

Jean-Baptiste Richard disparait ensuite de la scène auboise ainsi que son épouse.

 Il est cité  dans l’état-civil de la commune de Radonvilliers, le 22 décembre 1860 pour le décès de sa femme, Adélaïde Bechuat, âgée de 69 ans, résidant rue principale, veuve de son mari décédé à Paris sans précision de date.

L’état-civil parisien reconstitué, après sa destruction par incendie sous la Commune, ne comporte qu’un seul Jean-Baptiste Richard décédé le 20 juillet 1850 Paris.

Mais l'acte de mariage de sa fille Adéle¨ Richard avec Jean Césaire Nivert le 27 janvier 1859 à Saint Germain en Laye précise que la date de décès de Jean Baptiste Richard est le11 août 1854 à Paris.  !

 

Pour conclure :

 

Si le nom de Jean-Baptiste Richard de Radonvilliers a été oublié pour son rôle politique sous Louis-Philippe et pour ses propositions de modifications électorales, son apport de néologue, philologue est désormais reconnu.

 

Le nom de Jean-Baptiste Richard sera évoqué en quelques lignes, en 1881 par Arsène Thévenot, dans ses « Statistiques du département de l’Aube » dans le chapitre consacré aux « savants dont l’Aube peut légitimement se sentir honorée ».

 

Jean-Baptiste Richard aurait pu reprendre, la confidence faite par Théophile Gauthier à son gendre Emile Bergerat :

« Je ne sais pas, me dit un jour le maître, ce que la postérité pensera de moi, mais il me semble que j’aurai été au moins utile à la langue de mon pays. Il y aurait ingratitude à me refuser après ma mort, ce modeste mérite de philologue » (dans «  Théophile Gautier », page 115).

  La version intégrale de ce texte est publiée dans l'édition 2020 des Mémoires de la Société Académique de l'Aube, tome CXLIV en vente dans les bonnes librairies de l'Aube et accessibls prochainement dans plusieurs médiathèques.

vendredi 12 juin 2020

1er mars 1826, fin de mandat de maire pour J Bte Richard





L’an Mil huit cent vingt-six, le Premier mars, heure de cinq heures du soir conformément à l’autorisation de Monsieur le Préfet, Mr Jean Bte Richard Maire de la commune de Radonvilliers a convoqué extraordinairement le conseil municipal de la commune,
à la suite se sont trouvé Jean Seurat, Charles Cornu, Louis Merat, Christophe Matouillot, Charles Devlz, Claude Lancelot, Charles Michaut, Claude Drujon et Claude Laurent, tous membres du conseil.
La dite convocation a été faite pour procéder à l’installation du maire nommé par Monsieur le Préfet conformément à l’ordonnance du Roi du 13 janvier 1816.
Monsieur Richard a déposé sur le bureau l’arrêté du 2 février dernier par lequel Monsieur Seurat Antoine est nommé maire de la commune de Radonvilliers et à l’instant le dit Sieur Seurat a prêté son serment ainsi conçu :
« Je jure fidélité au Roi et obéissance à la Charte constitutionnelle du Royaume. »
Et a le dit Sieur Seurat signé avec le dit sieur Richard et tous les membres du conseil.


A la  même séance Monsieur Seurat Antoine a représenté sur le bureau l’arrêté de Mr le Préfet du 2 février dernier par lequel Monsieur Viollette Jacques est nommé adjoint au maire de Radonvilliers et à l’instant le dit Sieur Viollette a prêté le serment ainsi conçu :
« Je jure fidélité au Roi et obéissance à la Charte constitutionnelle du Royaume. »
Et a le dit Sieur Viollette signé avec nous et tous les membres du conseil.